Critique : Cartel (2013)

Cartel (The Counselor) est un thriller américano-britannique réalisé par Ridley Scott.

Poussé par l’appât du gain, un avocat pénal se lance dans le trafic de drogue à la frontière américano-mexicaine. Fiancé à la belle Laura dont il est éperdument amoureux, il rêve de mener grand train avec elle. Il prend alors conseil auprès de Reiner, un ami déjà impliqué dans le trafic de cocaïne, qui lui ouvre les portes du milieu. L’avocat fait la connaissance de Westray, un intermédiaire en relation directe avec les membres du cartel.


La Grande illusion

Les adaptations cinématographiques de Cormac McCarthy sont très intéressantes, notamment « La Route » et No Country for old men« . Cartel s’affiche comme le premier scénario original de l’écrivain, et Ridley Scott prend place à la réalisation et à la production. Un duo au combien prometteur, lorsque l’on regarde leur carrière respective. Est-ce que les promesses sont finalement tenues ?

La plume aiguisée de McCarthy scintille sur plusieurs aspects. Tout d’abord, la richesse des dialogues composent à merveille le tourbillon obscure dans lequel naviguent les personnages. Ces derniers sont caractérisés de façon efficace, afin de servir les enjeux et le trouble autour d’eux. On retrouve le climat crépusculaire et cru, que l’écrivain affectionne. On se rapproche du travail d’Andrew Dominik (Cogan: Killing Them Softly) et Aaron Sorkin (Le Grand Jeu, The Social Network).

Côté mise en scène, Ridley Scott s’appuie principalement sur la direction artistique d’Arthur Max, avec qui il travaille depuis près de vingt-cinq ans. Les décors luxueux, la lumière et les beaux costumes contrastent avec toute la noirceur du propos. Un choix artistique louable, mais qui se noie dans un faux rythme peu réjouissant. Malgré le casting et la qualité d’écriture, le cinéaste peine à hisser les différentes interactions au niveau qu’elles méritent. Ridley Scott ne semble pas à son aise, pour apporter une dimension scénographique percutante aux dialogues et aux personnages. On a connu le cinéaste plus inspiré, et ce même quand le film est bavard. Heureusement, les lignes de McCarthy apportent tout de même quelques chose pour le spectateur. La bande originale de Daniel Pemberton reste assez anecdotique, d’où aussi la sensation de contre-temps.

Le casting étoilé est plutôt satisfaisant. Cameron Diaz colle parfaitement à son personnage, une féline sublime et redoutable. Michael Fassbender et Brad Pitt sont également convaincants, même leur duo affichait un plus gros potentiel. Javier Bardem cabotine, mais ça reste acceptable au vue de son rôle. Penelope Cruz est éclipsée assez rapidement, ce qui est bien dommage.

En résumé, Cartel est un thriller ambitieux et à contre-courant de la plupart des productions hollywoodiennes. Ridley Scott et Cormac McCarthy proposent une vision intrigante sur la criminalité qui se cache derrière le luxe et la cupidité. Cameron Diaz montre qu’elle mérite mieux que Sex Tape et autres produits navrants.

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