Après Séance : The Batman

The Batman est un film américain de super-héros coécrit et réalisé par Matt Reeves.

Dans sa deuxième année de lutte contre le crime, le milliardaire et justicier masqué Batman explore la corruption qui sévit à Gotham et notamment comment elle pourrait être liée à sa propre famille, les Wayne, à qui il doit toute sa fortune. En parallèle, il enquête sur les meurtres d’un tueur en série qui se fait connaître sous le nom de Sphinx et sème des énigmes cruelles sur son passage.


Au-delà des apparences…

Après Cloverfield et La Planète des Singes, Matt Reeves pose une nouvelle fois son regard sur l’humanité, en ayant pour filtre Gotham City et Batman. Bien sûr, Christopher Nolan a également travaillé le chevalier noir sous cet angle. The Batman se démarque sur plusieurs aspects, même si il empreinte quelques micros ingrédients à Tim Burton, Zack Snyder et Christopher Nolan. L’intelligence de Matt Reeves est d’avoir travailler son œuvre, tout est respectant ce qui a été fait auparavant pour éviter le simple réchauffé. On assiste à une véritable proposition de la part du cinéaste américaine.

Sous le couvert d’une enquête, Matt Reeves dissèque Gotham City et ses icônes. Il renverse avec intelligence nos croyances et les apparences. La structure narrative est rondement menée et sa richesse nous ravi au plus haut point. Chaque personnage est passé au crible, sans tomber dans la surenchère d’explications. A l’image de la finesse des dialogues, Matt Reeves suggère les choses. Le langage du corps est très important, surtout dans cette atmosphère sombre et poisseuse. La progression de l’enquête vient étoffer les trajectoires des héros et des antagonistes. Le jeu de miroirs fonctionne à la perfection, notamment entre le Riddler et Batman. La vengeance renvoie à la justice, tout comme l’ombre à la lumière. L’héritage est l’une des thématiques qui a le plus de résonance, comme pour la trilogie de La Planète des Singes et The Yards (scénarisé par Matt Reeves).

Concernant la scénographie, Matt Reeves et son chef opérateur, Greig Fraser nous offrent un spectacle sublime et bouillonnant. L’ambiance est obscure et fiévreuse, en passant par le néo-gothique, le cyberpunk et la noirceur des grands thrillers des 70’s et 90’s. Un mélange qui régale notre rétine, d’autant que l’utilisation des couleurs et des lumières n’est jamais laissée au hasard. La pyrotechnie, les LED, les spots ou encore le soleil apportent un cachet visuel immersif. Une identité cinématographique qui offre une nouvelle dimension à Batman et son univers. Matt Reeves et son équipe proposent une plongée dans un Gotham City qui oscille entre les ruines et la postérité, ce qui correspond parfaitement avec le propos du film. Le cinéaste ne cache pas ses influences, on pense évidemment à David Fincher, Alfred Hitchcock ou encore Francis Ford Coppola. Comme à son habitude, il distille son savoir-faire et sa culture cinématographique pour donner naissance à un spectacle épuré et palpitant.

Côté musique, Michael Giacchino est sur le même axe de travail et d’inspirations que Matt Reeves. Ses compostions ont des sonorités communes avec Danny Elfman, John Williams et David Shire. L’idée est clairement de rendre hommage et d’amener des thèmes forts à The Batman. Une proposition sonore, qui alimente instantanément la nouvelle dimension du héros et de sa mythologie. Le parallèle entre Kurt Cobain et Batman est efficace.

Le casting a fait énormément réagir lors de son annonce. Matt Reeves et la Warner ont fait des choix forts. Tout d’abord, Robert Pattinson incarne avec solidité ce jeune Batman en quête de vengeance. Le réalisateur s’appuie à merveille sur le mutisme de l’acteur. Le langage du corps est maitrisé par Robert Pattinson, sous la direction de Matt Reeves.

Zoë Kravitz est convaincante en Selina Kyle, même si on aurait aimé voir le côté plus animal et sauvage du personnage. On l’aura peut-être dans les prochains films… Sous le masque du Riddler, Paul Dano est impeccable. Sa prestation glaçante rappelle celle qui nous avait offert dans « Prisoners » et « Taking Lives« . L’acteur se montre particulièrement à l’aise, que ça en est flippant. Pour le Pingouin, Colin Farrell est également un choix payant. Ses mimiques et sa voix structurent le personnage. Il est à la fois drôle, mais aussi très inquiétant.

Et pour finir, Jeffrey Wright, Andy Serkis et John Turturro signent également de bonnes interprétations. Matt Reeves prouve une nouvelle fois, qu’il est un grand directeur d’acteurs et d’actrices. La performance collective de la distribution nous présage de belles choses pour la suite.

En résumé, The Batman se démarque de tout ce qui a été fait auparavant. Matt Reeves maitrise les codes du Nouvel Hollywood et du blockbuster. Le mélange est savoureux et intelligent. On attend la suite avec impatience !

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